[Interview] Pascal Vivier répond à Jérôme Cadet (France Inter) sur la grève des lycéens et la situation des lycées professionnels


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Jérôme CADET : Pascal Vivier, plus globalement, vous qui êtes secrétaire général du SNETAA, ce que vous nous avez dit en préparant cette interview, c’est que on n’a pas spécialement de problème de bâti, les lycées sont plutôt dans un bon état. En revanche, nos lycéens ont beaucoup de difficultés à trouver des stages.

Pascal VIVIER : C’est la problématique d’aujourd’hui au milieu des revendications diffuses, multiples liées à leur bâtiment, le lycée. C’est vrai que par rapport aux lycées généraux et technologiques, on est plutôt bien lotis. Les régions ont mis le paquet ces dix dernières années, hormis quelques exceptions en Île-de-France.

Il y a du travail et surtout à Paris, où on a encore des vieux bâtiments du 19e siècle qui ne sont pas isolés avec des petits ateliers, mais pour le reste de la France, on est plutôt bien dotés en ateliers. En revanche, il y a des revendications des lycéens euh qui deviennent nationales où les jeunes ont de plus en plus de difficultés à trouver des lieux de stage. On a eu aussi ces dernières années des réformes qui ont augmenté leurs semaines de stage en faisant croire que ces jeunes avaient besoin de plus d’entreprise et moins d’école, c’est tout l’inverse.

[…] Et et les jeunes ont de vraies difficultés aujourd’hui parce que les entreprises qui prennent nos élèves en stage, et le stage est obligatoire pour obtenir soit le CAP, soit le Bac pro, disent de plus en plus que la le temps de stage est trop long […] Là aussi, c’est une dernière réforme que nous avons subi, c’est une revendication nationale, il va falloir qu’on y travaille. Mais plus globalement, plus loin que ça, la vraie question qui se pose, c’est quel avenir on propose à la jeunesse ? Quelle est la place de l’école ? Est-ce que l’école, est-elle faite uniquement pour transmettre des savoirs ou fabriquer aussi des citoyens ? Ces questions-là, elles devraient être au cœur de nos interrogations et malheureusement, elles ne le sont pas.