Mobilisation lycéenne : les annonces du ministère sont hors‑sol
Face à la mobilisation qui s’amplifie dans les lycées, le ministre de l’Éducation nationale a annoncé, mercredi 30 septembre au soir, l’ouverture d’une plateforme de concertation et la réunion des instances lycéennes. Pour le SNETAA-FO, ces propositions sont hors-sol.
Le ministère renvoie à des instances qui existent déjà et fonctionnent. Lors des derniers conseils de la vie lycéenne tenus à la fin de l’année scolaire précédente, les élèves avaient déjà fait remonter des problèmes concrets : chauffage, emplois du temps, matériel, vétusté des locaux et des équipements, absence de professeurs parfois sur une année complète…
Ces difficultés sont connues du ministère depuis des mois, voire des années. Réunir à nouveau ces instances ne permettra pas de faire émerger de nouvelles revendications. Ce qui manque, ce ne sont pas des espaces de dialogue supplémentaires, mais des réponses aux demandes déjà formulées.
Le SNETAA-FO appelle par ailleurs le ministre et la rectrice de l’académie de Lille à ne pas oublier les lycées professionnels. Les élèves de ces établissements sont souvent peu représentés dans les instances lycéennes nationales et académiques, et leurs préoccupations diffèrent parfois de celles des lycéens des filières générales et technologiques. Il ne faudrait donc pas que les problématiques des élèves de la voie professionnelle, qui ne sont pas connues des élèves de la voie générale et technologique, soient oubliées ou occultées dans les concertations. Toute réponse du ministère et du rectorat devra tenir compte de la spécificité de l’enseignement professionnel.
Au-delà des revendications propres à chaque établissement, communes pour nombre d’entre elles à celles portées par les personnels qui y travaillent, cette mobilisation traduit un sentiment largement partagé par les jeunes : la peur de l’avenir. Quelle est leur place dans le pays ? Quel métier pourront-ils exercer ? Voilà ce qu’ils ont besoin de savoir. Le gouvernement doit enfin apporter des éléments de réponse à cette génération.
Pour l’instant, la réponse du gouvernement est le pourrissement, l’escalade liberticide et le budget Lecornu qui prévoit de supprimer à nouveau 1 588 postes d’enseignants, quand les lycéens se mobilisent contre le manque de moyens.
Le SNETAA-FO n’appelle pas aux dégradations des établissements scolaires et des espaces publics pour revendiquer de meilleures conditions de scolarité.
Le SNETAA-FO est contre toutes les formes de violence, qu’elles soient commises par des jeunes, lycéens ou pas, mais aussi par les forces de l’ordre. Le ministre de l’Intérieur a annoncé 1 949 interpellations ce jeudi 1er octobre. C’est plus que le 8 décembre 2018 pour l’acte IV des gilets jaunes où ce nombre était de 1 400. Ces chiffres ne peuvent que nous interpeller : les jeunes sont-ils devenus plus violents que leurs aînés ou bénéficient-ils d’une doctrine spécifique de maintien de l’ordre ?
Le SNETAA-FO restera attentif aux suites données par le gouvernement, le ministère et les académies à cette mobilisation. Il continuera de porter les revendications des lycéens et des personnels des lycées professionnels.
Le secrétariat académique
