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  • Retraites des fonctionnaires : FO ne participera pas à une mascarade !

    Le mercredi 19 mars 2025, les fédérations de fonctionnaires sont invitées à une réunion dans le cadre de la délégation paritaire permanente (ex – conclave).

    FO Fonction publique s’est déjà exprimée le 27 janvier 2025, puis le 25 février 2025 pour dénoncer l’enfumage inacceptable qui a servi de communication au Gouvernement tant sur le Code des pensions civiles et militaires que sur la CNRACL (Caisse National de Retraite des Agents des Collectivités Locales).

    En effet, lors d’un discours à l’Assemblée nationale, le 14 janvier 2025, le Premier ministre n’avait pas hésité à inventer des cotisations fictives de l’Etat employeur pour faire croire à un déficit du Code des pensions civiles et militaires.

    Après avoir évincé le COR (Conseil d’Orientation des Retraites) qui refusait de valider ce tour de passe-passe, le Premier ministre confiait à la Cour des comptes la rédaction du rapport qui a servi de base aux discussions du conclave.

    FO a pris la bonne décision en quittant rapidement le conclave, refusant de cautionner une prétendue discussion dans laquelle les dés sont pipés.

    Le Premier ministre vient d’ailleurs de confirmer cette mascarade en annonçant que l’âge de départ et la durée des cotisations resteraient inchangés.

    Dans la mesure où aucune avancée n’est possible dans ces conditions, FO Fonction publique ne participera pas à la réunion du 19 mars.

    S3_Lille

    19 mars 2025
    FO Fonction Publique
  • [Exclusivité Édito] Pourquoi vous plaignez-vous ? Tout va très bien Madame la Marquise !

    Budget, pas budget ; censure, pas censure. Qu’importe, puisque, de guerre lasse, « vous êtes heureux, épanouis dans votre travail, enjoués d’une réforme de l’enseignement professionnel que vous réclamiez depuis tant d’années ! ». C’est ce que le cabinet d’Élisabeth Borne a pu dire en audience au SNETAA. Alors : soit les bras m’en tombent, soit, tout simplement, nous ne consultons pas les mêmes personnels ! Allez savoir… Toujours est-il que la Conseillère à l’enseignement professionnel, bien que rompue au dialogue social et décidée à mettre du liant, n’a pas pu s’empêcher de dire tout le bien que pensaient les PLP, les chefs d’établissement, les IEN de la réforme Grandjean. 

    Plutôt que de lancer des anathèmes et de confronter réalité des PLP, CPE et tous les personnels des LP, SEP, SEGPA, EREA versus « bulle Metaverse », on va continuer à porter la voix de ceux, ultra majoritaires, qui ne cessent de hurler le contraire. Il n’y a pas pire sourd que celui qui ne veut pas entendre. Et je ne parle même pas de l’expert, certain de sa toute-puissance, qui avait le toupet de nous prendre pour de fieffés c… Ah, ce peuple de salariés, de fonctionnaires qui ne comprennent rien à rien ! Manquerait plus que le peuple vienne à voter, « faudrait fissa en changer » !

    Sans vouloir plagier l’excellent communiqué d’un syndicat de l’Éducation nationale à l’annonce de la nomination de l’ancienne Première ministre : le SNETAA ne sait plus quoi dire ! C’est comme l’affaire des 4000 postes d’abord supprimés puis remis au budget de l’État. Un pas en avant, un pas en arrière, ça nous ramène à la même situation. L’existant ne change pas quand je croyais que la France s’enfonçait dans PISA, que les enseignants se plaignaient de perdre sens en leur métier (si ce n’est leur latin dans le gloubi-boulga des réformes) et que les salaires des profs étaient toujours aussi médiocres, si ce n’est indigents. D’autant que les 4 000 postes vont être récupérés de facto par le nombre estimé de places vacantes à la sortie des concours : 3 600 lauréats manquants. Bah tiens ! Bref, les politiques font comme les technocrates qui font main basse sur le pouvoir : on ne sait parler que de flux, de quantité quand la vraie question est qualitative : de quels enseignants avons-nous besoin ? Où ? Pour quoi faire ? Avec quelle pédagogie ? Quelle carrière ? À quel salaire ? Pour réussir quoi ? 

    Ouh làlà làlà… c’est quand même plus simple de sortir un leurre de suppression de postes, postes qu’on remettra dans le pot commun pour faire croire à une victoire mais qu’on n’aura quand même pas car le métier n’attire les excellents candidats que peu. Et il y en a qui crient victoire ? Pour moi, là, c’est trop trop fort, carrément ! Ce n’est pas de sur-place qu’il s’agit, c’est encourager la dégringolade du niveau des élèves quand « ceux qui sont bien nés » auront toujours les codes et les réseaux pour échapper aux destinées médiocres. L’École n’a jamais été aussi inégalitaire ; elle perd sa force émancipatrice. C’est tout le pays qui en subira les conséquences. Sauf dans le Metaverse, naturellement !

    Alors les lycées professionnels, « puisqu’on vous dit que vous êtes heu-reux  » !

    Je ne sais pas si l’avenir sera prometteur. Ce que je sais, c’est que le présent est si affligeant que c’est à nous de nous organiser pour remporter le rapport de force ! Seule l’action dans le combat pourra faire entendre nos voix et voir ce que l’on voit, c’est-à-dire faire revenir à la réalité. Le SNETAA intensifie ses combats pour faire aboutir nos revendications des collègues de terrain. 

    Mais puisque tout va bien… 

    Alors, heureux ?

    Télécharger l’édito

    S3_Lille

    6 février 2025
    SNETAA-FO national
  • Mayotte : le ministère toujours pas à la hauteur ! Compte-rendu des groupes de travail au ministère

    Alors que depuis le 20 janvier, les personnels ont fait grève avec une manifestation massive lors de la venue de la ministre Borne à Mamoudzou, le ministère a convié les organisations syndicales à une suite de GT, réunions et instances sur Mayotte et la situation d’urgence qui y règne après le cyclone. L’analyse du gouvernement et les mesures prises ou envisagées sont en décalage total avec les témoignages des camarades sur place.

    Après une lettre adressée début janvier à la ministre, la FNEC FP-FO accompagnée par l’expertise de nos camarades mahorais a rappelé que la situation sur place était avant tout le résultat de la défaillance de l’État. Nous avons tenu à préciser également que pour notre fédération, ces réunions devaient avant tout se tenir avec les représentants des personnels de Mayotte, et qu’avant même de parler d’examens ou d’attractivité, l’urgence était d’accéder aux revendications des personnels :

    • Hausse du taux d’indexation des salaires pour compenser le coût de la vie
    • Une véritable prime Chido de 2000 € pour tous, quel que soit l’indice, tout de suite et sans chantage au dossier ou clause d’exclusion
    • Instauration de l’ASA (Avantage Spécifique d’Ancienneté) dans l’ensemble du département et accélération de carrière pour l’ensemble des personnels
    • Extension de la reconnaissance REP+ à toutes les écoles et tous les établissements du département, y compris les lycées
    • Plan massif de titularisation de tous les contractuels qui le souhaitent
    • Prime d’aide au logement pour tous les personnels et révision à la hausse de cette indemnité
    • Revalorisation de la carrière des agents de l’ex-IERM, avec prise en compte de l’AGS
    • Création d’une indemnité spécifique d’éloignement renforcée (ISE Mayotte), modulée en fonction de la durée d’exercice sur le territoire, pour encourager la stabilité et la continuité pédagogique.
    • Construction d’écoles et d’établissements pour tous les enfants présents sur l’île
    • Aucun jour de carence pour les agents qui auraient pris des congés maladie suite au cyclone
    • Une action sociale d’urgence effective, avec par exemple des prêts à taux 0
    • Arrêt de la pression à la reprise exercée sur les personnels avec des autorisations d’absence accordées sans exception, quand le quotidien est avant tout de retrouver un toit ou un semblant de normalité.

    Réunion examens et PFMP

    L’administration souhaitait entendre les idées et les propositions des organisations syndicales sur l’organisation des examens et des PFMP avec comme point de départ ce qui a pu être fait en Nouvelle- Calédonie et pendant le Covid, même si à ce stade pour le ministère le manque de temps d’enseignement sera moins important. Même s’ils admettent que cette réunion se tient prématurément, il faudra prendre des textes au niveau ministériel.

    Parfois contre l’avis d’autres organisations, qui s’engouffraient déjà dans du contrôle continu total ou du renforcement pédagogique, la FNEC FP-FO a insisté sur la nécessité, avant d’envisager des aménagements, que l’État prenne ses responsabilités et fasse en sorte que les agents et les élèves retrouvent un semblant de normalité, si tant est qu’on puisse parler de normalité pour la situation de Mayotte. Tout doit être fait pour que la fin d’année se déroule le plus normalement possible.

    Pour ce qui est des PFMP, sur une île dévastée, il sera compliqué de trouver des lieux de stage et des entreprises en capacité d’accueillir. Toutefois, il est important que les diplômes gardent leur spécificité professionnelle et que les adaptations collent au profil des élèves de la voie professionnelles. Envisager uniquement des cours ou du renforcement voire des études de cas semble inadapté à la situation.

    Nous avons porté la demande d’une adaptation du seuil minimal de semaines de PFMP permettant aux élèves de se présenter aux examens, une possibilité d’adapter les secteurs d’activité pour qu’ils puissent autant que faire se peut continuer de pratiquer. De même, il faudrait envisager que certaines activités des élèves puissent être valorisées au titre des PFMP et prises en compte comme pratique en milieu professionnel. Pour la FNEC FP-FO, comme pour son syndicat de la voie professionnelle, la situation des élèves de terminale qui sont déjà avancés dans leurs séquences de PFMP est différente de celle des classes montantes, pour qui il faudra l’adaptation. L’idée reste bien que les élèves soient le moins lésés possible et que leur diplôme et la valeur de celui-ci ne soient pas dévalorisés par la situation.

    GT « attractivité »

    Même principe pour le ministère, il s’agit d’un premier tour de table pour entendre les organisations syndicales, toutes les questions ne pourront pas être abordées, il y aura d’autres GT. Le constat que fait l’administration est que l’attractivité est complètement dégradée et encore en recul avec un rapport de 0,1 entre les premiers vœux et les sorties, le plus bas de toutes les académies. Elle a posé sur la table des premières propositions : prolongement de la mesure d’avancement de grade dès l’échelon 7 de la classe normale pour les personnels du premier degré avec une extension aux personnels du 2d degré, une évolution des bonifications et l’éligibilité des personnels contractuels au régime de l’ircantec.

    Nous avons précisé que cette réunion était une réaction tardive alors que la situation à Mayotte est connue depuis longtemps. Par ailleurs, pour FO, l’attractivité de Mayotte ne peut être décorrélée de mesures générales sur l’attractivité puisque le problème est surtout systémique : abrogation de la réforme des retraites, hausse du point d’indice et rattrapage de la perte du pouvoir d’achat depuis 20 ans, recrutement de tous les postes nécessaires et améliorations des conditions de travail. Quant à Mayotte en particulier, si le ministère veut des idées pour en améliorer l’attractivité il les trouvera dans la lettre de la FNEC FP-FO de Mayotte à la ministre Élisabeth BORNE et dans les revendications des personnels en grève depuis une semaine qui sont les plus à même de savoir ce qui est bon pour l’île. Mais elles impliquent un plan d’ampleur pour ce territoire abandonné, qui va au-delà de mesures éducation : santé, eau, logement, sécurité, culture, infrastructures…

    Si l’accès à l’Ircantec pour les agents contractuels est une vraie avancée, il ne répond pas à leur revendication première, un vrai plan de titularisation, seule mesure efficace pour les pérenniser, que l’ensemble des organisations demande. Quant aux autres propositions, elles sont largement insuffisantes, surtout quand le ministère livre lui-même le constat d’échec en pointant le niveau historiquement bas de l’attractivité.

    Pour la FNEC FP-FO, il faudra mettre bien plus sur la table s’il l’on veut que la situation de l’attractivité à Mayotte commence à s’améliorer. Prochaine réunion courant mars.

    Mobilité

    Les personnels enseignants ont exceptionnellement jusqu’au 7 février pour exprimer une demande de participation tardive au mouvement pour la rentrée 2025 (sous réserve de l’accord du rectorat).

    La FNEC FP-FO a appuyé sur le fait que la mobilité tardive offerte aux collègues de faire des voeux de mutation ou de changer le vœu Mayotte était une bonne chose, en dénonçant largement le fait que c’était “sous réserve de l’acceptation du rectorat”. Réponse : ” c’est la volumétrie des demandes qui va décider de l’acceptation ou non de ces mutations tardives. ”

    La DGRH navigue clairement à vue : les solutions envisagées ne correspondent pas à Mayotte (cours en distanciel : pas de réseaux, d’équipements ; arrivée de personnel retraités, volontaires, mais pas de logements ni de budgets pour les payer).

    Formation spécialisée extraordinaire (F3SCT)

    La réunion se tenait avec un ordre du jour restreint : mise en place d’un soutien – surtout psychologique – aux personnels, état du bâti scolaire, sécurité avec une ouverture aux questions diverses. La FNEC FP-FO publiera un compte-rendu exhaustif de cette instance, mais voici les points essentiels.

    Le ministère nous livre un semblant de mea culpa, qui paraissait somme toute assez sincère, mais dont les personnels ne peuvent se satisfaire. Il admet que beaucoup restait à faire.

    La FNEC FP-FO commence par porter les revendications des personnels, tirées de la lettre ouverte et de la résolution de la CEF. Mais surtout, propose deux avis pour formaliser des demandes générales qui seront adoptées à l’unanimité. Le premier sur la nécessité de réunir les instances locales, a minima quand elles le demandent, de les informer très régulièrement et de les laisser agir selon leurs prérogatives, même en cas d’enquête. Le deuxième sur les commissions et sous-commissions, FO demandent qu’elles soient organisées et rendent leur avis de manière réglementaire et que ces avis soient tous transmis aux représentants.

    Ce sont les questions diverses qui ouvrent la séance spontanément. Pour FO, les premières questions sont : comment vont les personnels ? Quel bilan peut-on déjà nous faire sur la situation de tous les personnels ? Ont-ils tous été contactés ? Ont-ils tous un toit ? Y a‑t-il des blessés ? Le ministère dit avancer, avoir contacté près de 80% d’entre eux, mais être en incapacité de faire un tel bilan et refuse même de le faire, ce n’est pas son rôle. Ce n’est pas entendable. Ce n’est pas un fichier qui est demandé, mais un bilan de l’état de santé et des besoins.

    Pour ce qui est de l’aide d’urgence ou « prime Chido », on se félicite de l’avancée, mais elle doit être accessible sans condition et sans que des justificatifs soient exigés. Le cyclone a touché tout le monde d’une manière ou d’une autre. Le ministère répond que c’est une mesure et un accord interministériels, mais que le dialogue social avance et qu’il suffirait aux agents de se manifester pour l’obtenir sans trop de formalisme. La ministre n’a pas d’autre choix maintenant que d’y accéder, trop de personnels sur place attendent cette aide, pour FO ce serait un véritable scandale que d’esquiver la souffrance des personnels.

    La FNEC FP-FO a insisté également sur la nécessité de ne pas presser les agents, d’accorder de la souplesse et d’accéder à une sorte d’ASA Chido pour les personnels qui auraient besoin de temps pour des formalités, des réparations ou autre. Le ministère a confirmé là aussi qu’il suffisait de se signaler et qu’une souplesse dans la reprise serait bien entendu envisagée. Pour FO cela doit être effectif sur le terrain, aucune disparité ne doit exister entre la position du ministère et celle du rectorat.

    Concernant le suivi psychologique des personnels, les 3 permanences d’une demi-journée actuellement en place sont largement insuffisantes. Après l’urgence, d’autres conséquences du traumatisme se révéleront, il faut que le ministère s’y prépare et prévoie un plan de recrutement. Il dit le préparer, les difficultés de logement freinant pour le moment l’apport en personnels. Nous posons la question de la médecine scolaire. Ce n’est visiblement pas le sujet du ministère, qui se contente d’un : « mais oui, il faudra aussi y réfléchir ». Tout cela est très insuffisant.

    Pour ce qui du bâti, nous pointons l’écart entre les retours du terrain et le constat du ministère. Pour lui, dans le 1er degré seules « 37 écoles ne pourront pas rouvrir en raison des dommages trop importants causés par le cyclone et la tempête, 25 écoles sont fermées en raison d’un manque d’accès à l’eau potable (une livraison d’eau par la préfecture est prévue), 39 écoles étaient fermées par les municipalités et devaient pouvoir rouvrir le 29/01/2025. Pour le 2d degré, la plupart des établissements ont pu accueillir les élèves suivant une organisation adaptée tenant compte des réalités locales. 7 EPN restent fermés : 3 ont reporté leur ouverture au 29/01/2025, 3 au 03/02/25 et un a été fermé de façon préventive suite à une dégradation de la potabilité de l’eau. »

    Le problème des commissions est soulevé de manière unanime. Il n’est pas acceptable que les avis n’aient pas encore été transmis aux représentants. La composition de celles-ci pose également question.

    Le ministère se cache cyniquement derrière la réglementation : pour eux, il n’y a pas eu de fermeture… c’est inadmissible. Pour la FNEC FP-FO, dans une académie déclarée en catastrophe naturelle, qui vient d’être balayée par un cyclone, le ministère par souci d’économie parie sur la santé et la sécurité des personnels.

    Concernant la sécurité, là encore la réponse en termes de clôtures provisoires et de recrutement n’est pas adaptée. La situation d’avant cyclone était déjà intenable pour les agents avec des agressions, des caillassages, des attaques d’établissement. La catastrophe n’a pas tout emporté. La question se situe au niveau maintien de l’ordre, les agents de prévention ou les équipiers mobiles de sécurité n’ont pas ces prérogatives. On ne peut dans l’urgence répondre à un problème que l’État n’a pas voulu voir pendant des années. Leur sécurité doit être assurée, comment va faire l’employeur ? La question des signalements DGI se pose dès lors avec acuité.

    Au final, les réponses ne sont pas du tout à la hauteur de la catastrophe en cours. Le ministère ne semble pas prendre la mesure de la situation, de la détresse et de l’urgence. La FNEC FP-FO soutient ses syndicats sur place, et à tous les niveaux pour la satisfaction de leurs revendications.

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    S3_Lille

    4 février 2025
    FNEC-FP-FO
  • Déclaration liminaire à la CAPA de contestation des rendez-vous de carrière 2023-2024

    Lille, le 4 février 2025

    Mesdames, Messieurs les membres de la CAPA,

    L’actuel premier ministre a annoncé dans son discours de politique générale la poursuite et même l’aggravation de la politique engagée par ses prédécesseurs, politique pourtant rejetée dans la rue, dans les urnes, et par une motion de censure.

    Le projet de loi de finance 2025 ne préserve ni l’éducation, ni l’enseignement, ni d’ailleurs la recherche. 470 postes sont supprimés dans le premier degré, dont 127 dans notre académie. À Lille, ce sont aussi 106 postes supprimés dans les collèges dont 21 en SEGPA, 69 dans les LGT et le Post bac, 8 dans les EREA ; 7 postes administratifs et un poste de personnel de direction. Quant aux 6 postes de CPE issus du plan de tranquillité scolaire, ils sont les bienvenus mais cela ne représente que 0,7 % de moyens en plus… Vous nous répondrez probablement que les emplois dans la voie professionnelle augmenteront fortement. Mais le rectorat sera-t-il en mesure de pourvoir tous les postes ? Le corps des PLP est celui où la proportion de postes vacants est la plus importante. C’est aussi celui où elle ne cesse d’augmenter : 274 postes vacants en 2022, 311 en 2023, 380 en 2024. Combien en 2025 ? L’augmentation du nombre d’emplois chez les PLP, faute de personnel pour les pourvoir, risque au final de conduire à des classes surchargées et des pressions sur les enseignants des LP et SEP pour qu’ils réalisent d’avantage d’heures supplémentaires.

    Pour justifier les suppressions et l’absence de création de postes, le ministre Bayrou explique : « on n’arrive pas à recruter » ! Nous pouvons l’aider à énumérer les causes du désenchantement : salaires indignes (gel du point d’indice, gel des carrières via PPCR), sanction financière des arrêts maladie (par un jour de carence et 90 % du traitement), inclusion systématique et sans moyens, droit à mutation empêché ou risqué, culture de l’évaluation (audits d’établissement, évaluation des directeurs, évaluations nationales) avec ses accompagnements individuels ou collectifs, souvent culpabilisants pour les personnels, managements relevant parfois de la maltraitance.

    Bref, pour rendre aux métiers de l’EN un peu de leur attractivité, il faut aussi leur rendre du sens, ce qui implique notamment d’abroger une série de contre-réformes comme la loi dite de « transformation de la fonction publique » qui a supprimé le contrôle paritaire sur la carrière des personnels, et celle dite « PPCR » qui a abouti à une évaluation jugée incompréhensible et délétère pour leur carrière par les agents. Rappelons que parmi les deux seules organisations syndicales à avoir voté contre le PPCR et présentes aujourd’hui dans cette salle, figure notre confédération Force Ouvrière.

    Cette CAPA a pour ordre du jour l’examen des contestations des appréciations finales aux rendez-vous de carrière des professeurs certifiés, agrégés, PLP, PEPS, CPE et PsyEN.

    Force Ouvrière apporte son soutien aux collègues que l’avis du Recteur laisse dans l’incompréhension, la déception, le mécontentement et même le ressentiment. Force est de constater, encore une fois, à la lecture des contestations, que l’évaluation PPCR renforce l’arbitraire, démotive et fragilise les collègues. Un certain nombre d’entre eux se voit rétrograder entre deux rendez-vous de carrière pourtant distants de quelque mois. Dans ce système d’évaluation par compétences, l’ancienneté ne joue plus aucun rôle. À chaque rendez-vous de carrière, les fonctionnaires doivent refaire leurs preuves comme s’ils repartaient de zéro et n’avaient aucune expérience à faire valoir. L’institution ne tient pas compte des services rendus précédemment.

    Cette année encore, l’avis excellent est sous représenté parmi les TZR, seuls 15,5% des collègues TZR ont eu un avis excellent contre 38,2% pour l’ensemble des corps. Doit-on en conclure que les TZR sont de moins bons enseignants que les titulaires en poste fixe ?

    Cette année encore, plus de 3% des collègues qui n’ont pas bénéficié d’un rendez-vous de carrière pour cause de maladie, maternité, congé parental ou autres situations médicales ou familiales, ne pourront pas contester l’avis posé servant notamment de barème au passage à la hors classe. Quelle est l’équité de traitement entre tous les fonctionnaires depuis la mise en place du PPCR ?

    Cette année encore, les contestations pour le 3ième rendez-vous de carrière sont majoritaires. Par leur recours, ces personnels en fin de classe normale manifestent leur mécontentement souvent lié au manque de reconnaissance de leur engagement dans les missions confiées tout au long de leur carrière. Les enseignants, CPE et PsyEN qui rentrent de plus en plus tard dans l’Éducation nationale ont aussi compris tout l’intérêt qu’il y a à changer le plus rapidement possible de grade pour espérer finir à la hors échelle de la classe exceptionnelle.

    Cette année, les contestations portent uniquement sur l’avis « très satisfaisant ». Les collègues à qui la Rectrice a refusé d’augmenter cet avis et qui ont saisi cette commission espèrent que cette instance le transformera en « excellent ». Ces collègues ont bien intégré le fait que cet avis « excellent » augmente considérablement les chances d’obtenir une accélération de carrière à l’issue des premier et deuxième rendez-vous de carrière et qu’au troisième rendez-vous de carrière, il diminue fortement le temps passé dans la classe normale et permet ainsi un meilleur pouvoir d’achat en fin de carrière ainsi qu’une meilleure pension de retraite de l’État.

    Et cette année, 46,8% des collègues qui ont reçu un avis négatif à leur recours gracieux, n’ont pas saisi la CAPA. C’est dire toute la confiance qu’ont les enseignants dans le système. Beaucoup considèrent que les promotions servent avant tout à satisfaire les grands équilibres plutôt qu’à récompenser l’engagement et la valeur professionnelle.

    Force Ouvrière demande toujours l’abrogation de la réforme PPCR et le retour pour les professeurs à une double notation chiffrée encadrée par des grilles nationales, prenant en compte l’avancement dans la carrière.

    Force Ouvrière revendique l’augmentation indiciaire pour tous les personnels, pas seulement les enseignants et en particulier les personnels les plus en difficulté (catégories C, AESH, AED…), sans contrepartie, à minima à hauteur de l’inflation pour commencer, et rattrapage des 25 % de pouvoir d’achat perdu en 20 ans.

    Force Ouvrière revendique aussi l’abrogation de la réforme des retraites Borne – Macron ; le maintien de tous les régimes existants, dont le code des pensions civiles et militaires ! Le retour au départ à 60 ans après 37,5 années de cotisation.

    Je vous remercie de votre attention.

    S3_Lille

    4 février 2025
    FNEC-FP-FO 59-62
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