Suite à l’annonce faite par le Ministre Geffray lors de l’installation du comité de suivi de la voie professionnelle du 8 janvier 2026, le secrétariat national du SNETAA-FO a publié un communiqué de presse.
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[COMMUNIQUÉ DE PRESSE] Visite du Ministre dans un LP de Charente
LE MINISTRE DE L’ÉDUCATION NATIONALE EN VISITE DANS UN LP DE CHARENTE
…OU LES PÉRÉGRINATIONS BUCOLIQUES D’UNE NUIT À L’INTERNAT…Le lycée professionnel Pierre-André Chabanne, à Chasseneuil sur Bonnieure, a accueilli, ce mercredi 26 novembre, le ministre de l’Éducation nationale, Edouard Geffray, dans le cadre d’une série de visites d’établissements scolaires en milieu rural.
L’objectif ministériel de ce déplacement était initialement centré sur l’internat rural. Christelle Butraud, déléguée locale du SNETAA, a tenu à ce qu’un temps de discussion privilégié, avec le directeur de cabinet du ministre, Thomas Leroux et le Dasen de Charente, Thierry Claverie, soit consacré à la situation spécifique des lycées professionnels.
Si la situation des établissements ruraux constitue aussi une préoccupation importante du SNETAA, notamment dans le cadre d’un égal accès aux formations professionnelles pour tous les jeunes sur l’ensemble du territoire, la question brûlante actuellement pour notre secteur, c’est bien celle du retrait de la réforme Grandjean.
Le SNETAA a souligné l’urgence de mettre fin à l’organisation du parcours différencié (ou « parcours en Y ») en fin d’année de terminale bac pro. La représentante du SNETAA s’est appuyée sur un constat de terrain alarmant, factuel, à savoir un taux d’absentéisme de 70 % des élèves de terminale en fin d’année (ce qui correspond à la moyenne nationale) pour illustrer les revendications du SNETAA.
Ce qui n’a pas semblé émouvoir outre mesure le directeur de cabinet du ministre. En réponse à cette urgence d’endiguer ce qui accroit dangereusement le décrochage scolaire de nos élèves de Bac pro, Thomas Leroux a répondu que « le ministre faisait le choix, pour l’instant, de laisser le parcours en Y sur l’année 2026, mais qu’il reconnait réellement que ça n’a absolument pas fonctionné ce parcours et ils envisagent, en 2027, de mettre en place une concertation ».
M’enfin, un directeur de cabinet ne devrait pas dire ça !
2027, c’est loiiiiin ! Tais-toi et rame ! À l’heure où la valse des gouvernements fait tourner bien des
têtes, arguer d’une possible, éventuelle, envisageable, révision en 2027 relève de l’effet de manche. Reconnaitre que ça ne fonctionne pas et projeter de se réveiller en 2027 pour en discuter gentiment autour d’un pti’ dèj au réfectoire ! Le ministre a-t-il prévu de jouer les Belle-au-bois-dormant dans l’établissement ? Son directeur de cabinet saura-t-il le réveiller à temps ou bien table-t-il sur un ‘next one’ ?Bref ministre de l’Éducation nationale, Gabriel Attal avait déjà prévu de tenter une nuit en internat de LP, sans aller jusqu’au bout, non pas de la nuit, mais de l’expérience. Rapidement devenu Premier Ministre, il a été dit de lui qu’il « incarnait la verticalité » … Même si la nuit porte conseil, quelle lubie traverse l’esprit des conseillers que de vouloir leur faire passer une nuit dans un internat ? Les effets de com’ ont leurs limites ! Laissez donc le ministre de l’Éducation nationale debout pour avancer !
L’enseignement professionnel ne peut plus attendre. Inutile de jouer la montre, le temps est écoulé ! Depuis son entrée en fonction, le ministre n’a eu de cesse de répéter qu’il aimait l’École. AU SNETAA, NOUS AIMONS NOTRE LYCEE PROFESSIONNEL ! et c’est pourquoi, nous portons ce cri d’alarme.
NON, LE SNETAA N’ATTENDRA PAS 2027 !
Le SNETAA FO est présent, maintenant et dans toutes les académies, pour mener cette concertation vers une issue rapide. Oui, le SNETAA reste déterminé et se tient prêt à renforcer sa mobilisation pour que soit enfin obtenue l’abrogation de cette pseudo-réforme et que l’enseignement professionnel soit, enfin, considéré à sa juste valeur.
Il est grand temps que l’enseignement professionnel soit reconnu et vécu comme une véritable voie d’excellence au profit de l’avenir de nos élèves, de notre société et de notre pays. L’URGENCE EST BIEN LÁ !
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[COMMUNIQUÉ DE PRESSE] Le SNETAA reçu par le nouveau ministre de l’éducation nationale
Édouard Geffray, nouveau ministre de l’Éducation nationale, a reçu le SNETAA ce lundi 03 novembre 2025.
Nous avons porté les mandats des collègues de l’enseignement professionnel d’abord sur l’ineffable réforme Grandjean. Cette réforme est maintenue avec une obstination qui n’a pas d’autre égal que le naufrage politique que nous subissons par un rejet de tout un système qui vit très bien dans sa bulle en pensant que le peuple ne voit rien.
Le ministre, d’un tempérament affable avec tous, a écouté la situation que vivaient les PLP et tout l’enseignement professionnel.
Comme avec tous les syndicats, il a voulu montrer son intérêt à nos revendications portant essentiellement sur la réforme Grandjean et les conditions de travail très dégradées des professeurs. Les PLP perdent, chaque jour plus, sens en leur métier. Qui s’en émeut dans les rectorats ? Qui s’y oppose hormis par des protestations de forme ?
C’est pourtant un immense bazar organisé pour les fins d’année scolaire : absentéisme organisé (ou voulu ?), organisation des examens dans un tohu-bohu généralisé, diplômes dévalorisés jusqu’à l’insatisfaction des recruteurs qui n’arrivent toujours pas à y trouver les candidatures voulues. Rien ne va donc… rien ne change ? Ça peut être une orientation politique…
Le SNETAA n’a JAMAIS vu une telle réforme qui dévaste l’enseignement professionnel (d’ailleurs l’enseignement agricole s’est bien gardé de la transposer dans ses LP agricoles) avec aucune plus-value pour personne : personnels, élèves, établissements scolaires, diplômes, recruteurs.
On serait tenté de résumer la situation par « Champion, mon frère ! ».
En républicains, le SNETAA a souhaité pleine réussite pour ses nouvelles missions au nouveau ministre quand on ne peut que constater que, pour l’heure, personne n’a intérêt à donner un coup de pied dans la fourmilière, un système qui nourrit chacun de ses membres en les nommant dans des placards dorés sans que cela n’émeuve, pour l’heure, les foules.
Nous verrons donc si le nouveau ministre pratique l’édredon ou s’il a envie de redonner toute sa fierté à l’Éducation nationale, à ses personnels, à notre pays qui a un besoin urgent que l’École redevienne l’ascenseur social pour toutes et tous. Donc pour le pays !
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Formation des enseignants : une catastrophe… organisée !
Dernier avatar d’une « masterisation » qui a détourné les étudiants des concours d’enseignement, la réforme de la formation des enseignants et des concours a été passée en force au printemps 2025 par Élisabeth Borne, avec une copie strictement identique à celle de Nicole Belloubet l’année précédente (voir ici). En conséquence, la FNEC FP-FO a réitéré sa revendication de moratoire de cette réforme.
Trois filières en licence et deux concours en parallèle : ou comment perdre les étudiants
Au niveau licence, les collègues des UFR et INSPÉ ont été contraints de concevoir dans la plus grande précipitation de nouvelles maquettes, pour les futurs PE exemptés d’épreuves écrites, pour les préparationnaires du concours PE « normal » ainsi que, dans chaque discipline, pour les étudiants préparant les CAPES et autres concours du second degré.
Au niveau master, ils ont dû aménager des « parcours » pour les actuels étudiants de master souhaitant passer le concours en L3 et en prévoir pour les étudiants de licence qui réussiraient le concours en L3.
Les étudiants (en particulier ceux entrant en L3) ont été avertis au dernier moment, avec très peu d’informations sur les épreuves de concours comme sur le cursus post-concours.
Inégalité généralisée pour les étudiants
Tous les départements universitaires concernés et les INSPÉ ont « bidouillé » pour s’adapter aux nouveaux concours tout en reformatant les masters MEEF, maintenus en théorie pour deux années encore. Mais les dotations horaires pour ce faire sont rarement au rendez-vous, en raison de budgets universitaires déjà exsangues. Les nombreuses « mutualisations » entre parcours amputent et les horaires des préparations aux concours et les formations dispensées post-concours. Et les situations se sont différenciées à la mesure des diversités dans la pénurie ou des « politiques de site ». Résultat : de fortes inégalités territoriales devant les concours.
Doubles concours : des milliers de postes perdus et une baisse prévisible du nombre de lauréats
Les concours en L3 nécessitent de débloquer des postes en plus de ceux prévus pour les concours au niveau master 2. Ces 7147 postes destinés à accompagner la réforme des concours, ce sont autant d’enseignants en moins dans les classes des premiers et seconds degrés dès maintenant. C’est aussi moins d’enseignants demain, puisque des étudiants de master vont réussir les deux concours et qu’il y aura donc moins de lauréats. Beaucoup de postes mis au concours ne seront donc pas pourvus.
« Calibration » des concours : des disparitions de formations ou de sites INSPÉ
Autres conséquences négatives en chaîne : les rectorats ont « calibré » ou réparti les postes entre les concours M2 et L3 en fonction des réussites qu’ils estiment prévisibles aux concours. La « calibration » a manifestement été faite « au doigt mouillé » et de manière très diverse selon les académies.
Mais ses effets destructeurs sur le maillage de formation des enseignants sont déjà très concrets. Ainsi sont agendées pour l’année prochaine des mises en sursis ou même des disparitions de sites INSPÉ. Dans l’académie de Rennes, par exemple, Quimper est menacé et Vannes est voué à la disparition dès l’année prochaine. En ce dernier cas, le site et la formation pour les PE seraient même concédés… à l’enseignement catholique !
Quant aux collègues qui enseignaient jusqu’à présent dans ces sites INSPÉ, ils sont libres d’aller trouver du travail à près d’une centaine de kilomètres (les sites INSPÉ de l’académie de Rennes dépendant de l’université de Brest…).
Au passage, le gouvernement fait quelques dégâts supplémentaires en sourdine, comme la suppression cette année de concours du second degré, ainsi du CAPES et de l’agrégation de portugais…
Une machine à fabriquer des contractuels : des étudiants de M1 ou de L3 poussés vers la sortie
Que feront les actuels étudiants de M1 qui n’auraient pas réussi le concours L3 ? La possibilité de passer le concours en fin de M2 en 2027 leur est en théorie ouverte. Encore faut-il pour cela que des heures soient débloquées pour cette préparation. Compte tenu de la situation de détresse budgétaire de nombre d’universités, rien n’est moins sûr.
De même, dans beaucoup d’universités, rien n’est prévu au niveau master pour les étudiants de L3 qui ne réussiraient pas le concours (PE ou CAPES). À Saint-Étienne, à Toulouse, il n’est pas question pour les universités de débloquer les heures nécessaires à un « parcours » de master pour les L3 non lauréats.
Étudiants de Master ou de L3 échouant au nouveau concours L3 sont ainsi poussés vers la sortie. La conclusion est évidente : ils seront embauchés par l’Éducation nationale en tant que contractuels sous-payés.
Face à cette catastrophe organisée, la FNEC FP-FO exige :
- le maintien de tous les sites de formation, le maintien de tous les personnels en place : aucune mobilité forcée, aucune suppression de postes dans le supérieur ;
- les dotations budgétaires supplémentaires nécessaires pour que personne ne soit laissé au bord du chemin, que partout en 2026–27 les étudiants de M1 aient la possibilité de passer les concours en M2 en 202, les étudiants de L3 non lauréats de poursuivre en master.
Et elle réaffirme ses revendications :
- Retour à des épreuves disciplinaires pour les concours, avec en amont des licences disciplinaires ;
- Aucune inégalité devant le concours, les mêmes épreuves pour toutes et tous ;
- Abandon de la « masterisation », concours au niveau licence avec une formation rémunérée à plein temps sous statut, éventuellement reconnue comme valant grade de master.
Enfin, en plaçant les universités dans l’impossibilité budgétaire de répondre positivement aux demandes des étudiants, le budget Macron-Lecornu-Geffray-Baptiste confère à cette réforme toute sa potentialité destructrice. Ce budget de guerre, imposé aux travailleurs par d’indignes tractations politiciennes, doit être purement et simplement abandonné. De l’argent pour l’École, pas pour la guerre !
